L’expérience “Dans La Mémoire” — Chapitre 2

30ème journée après le début de la production du projet. Toute les prises sont dans la boîte, ma table de montage fonctionne à bloc depuis quelques semaines maintenant. Voici le temps de partager le deuxième chapitre de mon expérience “Dans la Mémoire”.

Illustration L’expérience “Dans La Mémoire” — Chapitre 2

Crédit photo - Photo du tournage de "Dans la mémoire"

Trois semaines nous séparent du deuxième week-end de tournage qui s’est déroulé en compagnie d’une équipe bien plus restreinte (suivant les disponibilités de chacun). Deux scènes étaient à tourner, dont deux qui devaient être en bord de la Loire. Arrivant sur les lieux, nous avons eu droit à une drôle de surprise. En très peu de temps, le niveau du fleuve avait drastiquement augmentée, coulant littéralement les deux scènes alors prévues et calculées. Malgré une montée de colère qui m’a rendu furieux, tout s’est bien terminé jusqu’au tout dernier clap de fin qui s’est fêté autour d’une vidéo d’Antoine Daniel (en 4 lettres) !

Première partie: nostalgie des rushs

Après 4 jours de tournage étalés sur 3 semaines, il était difficile pour moi d’ouvrir tous les fichiers et de les regarder de pour les ranger et sélectionner les meilleures prises son et vidéo. J’appelle ce moment “la nostalgie des rushs”. Ce terme m’est venu l’an dernier en travaillant sur le court-métrage du lycée “Scored”.

Participer à un tournage, c’est une aventure. C’est une aventure parce que physiquement et moralement ce n’est pas évident. Mais c’est surtout une aventure humaine qui permet de vivre tellement de choses intéressantes, fortes et uniques. C’est partager du temps avec les autres: si tout va bien, ce temps peut-être exceptionnel et inoubliable. C’est peut-être le moment le plus intéressant lors d’une production.

Les jours d’après tournage sont souvent difficiles à vivre pour certains acteurs. L’image qui peut me venir en tête est celle du trio de la saga Harry Potter, en larmes après avoir quitté les caméras du monde magique. Ils n’ont pas été les seuls à être passé par cette émotion: les plus grands comme le regretté Alain Rickman ont été affecté par le tournage des 8 films.

J’ai le défaut de ne vouloir jamais rien oublier et d’espérer tout vivre sur un laps de temps infini et unique. Je profite de l’instant présent en espérant l’avoir à jamais dans la mémoire. Revoir les images du tournage, c’est revivre ces instants une deuxième fois. Revivre des meilleurs comme les pires moments…. et on en devient très rapidement nostalgique.

Le dérushage est vraiment un moment important d’une production à ne pas négliger. C’est là où je pense que nous prenons les premières décisions de réalisation: c’est en même temps là où l’ont choisi les meilleures prises et qu’on commence à voir une partie artificielle de notre réalisation. Mais sur le plan personnel, on en apprend beaucoup sur nous-même. J’ai découvert beaucoup de choses, rien qu’en m’écoutant ou en écoutant les autres dans les prises sonores. Ce moment de la production — de manière inconsciente voir indirect — peut être une très bonne source de méditation.

Deuxième partie: dans ma mémoire.

Chaque tournage est une aventure qui fait évoluer. En l’occurrence, ce projet m’a fait véritablement évoluer et m’a changé. Depuis l’écriture du premier chapitre de l’expérience et son Aparté, je me sent par exemple beaucoup plus ouvert. Le plus improbable c’est que j’ai même l’impression que ma propre écriture m’a influencé dans certaines visions des choses.

Je dirais même que l’histoire du personnage principal me permet en ce moment même de vivre une nouvelle histoire. Depuis que j’ai commencé à me plonger dans le montage, j’ai l’impression de vivre 2 à 3 heures par jour dans un univers parallèle qui ne me quitte plus. Le projet m’éloigne et me rapproche à la fois du monde qui m’entoure, ce sentiment est très étrange.

Troisième partie: ensemble.

Je suis particulièrement heureux de ce que donne le court-métrage dans sa forme actuelle. Je suis d’autant plus heureux parce que… c’est un projet qui avance et qui s’améliore grâce à une confiance envers de personnes qui feront parler d’eux dans leurs domaines respectifs. Je voulais écrire cet article pour dire que l’expérience Dans La Mémoire m’a permis de vivre au moins une fois dans ma vie une expérience humaine concrète extrêmement forte.

En ce moment même, deux artistes talentueux travaillent sur la confection d’illustrations pour différentes affiches du court-métrages. L’histoire racontée les inspires et de magnifiques créations sont sur le point de voir le jour.

Avec Théo et Jonathan, nous commençons à travailler sur la bande originale qui sera composée aux besoins du court-métrage. Un morceau sera écrit par la belle plume de Clémentine et qui sera joué en live par plusieurs étudiants passionnés par la musique, dont Léo.

Dans la mémoire est un projet qui va au delà d’une simple écriture d’un scénario et d’un court-métrage. C’est devenu une source inspiration pour nombreux créateurs. Et je ne saurais jamais exprimer tous mes remerciements et reconnaissances envers ses personnes là.