LE MAÎTRE DE LA MORT: Retourner dans le monde des sorciers, ça fait un bien fou.

31 Octobre 2016 — Cette journée fut difficile pour moi. Éloigné de l’Abbaye de Cluny et d’une partie de mes meilleurs amis Potterheads, je n’ai cessé depuis mon réveil de penser au monde magique qui me manque énormément depuis la fin du canon d’Harry Potter. Pour me réconforter, je pensais également aux membres du Pottershow. Un fabuleux groupe de jeunes passionnés par la saga et collectionneurs des plus beaux objets du monde magique. Ce soir sortait le tant attendu dans la communauté Francophone: Le Maître de la Mort, un moyen-métrage réalisé avec les accords de Warner Bros. C’est avec quelques émotions que j’écris ces quelques lignes.

Illustration LE MAÎTRE DE LA MORT: Retourner dans le monde des sorciers, ça fait un bien fou.

Clément, Maxime, Boris, Léo, Basile, les jumeaux Charlie et Léo partagent leur passion depuis très longtemps sur le net. Ils ont eu la gentillesse de me faire parler au micro de leur émission à deux reprises. J’ai toujours été captivé par leur complicité. Il y a 5 ans, ils réalisaient chacun de leur côté des vidéos présentant des objets. Ils étaient un peu en concurrence techniquement… mais ils se sont réunis et une grande amitié a suivit.

Leur histoire est digne d’un contes. Le Maître de la Mort, le premier court-métrage de l’équipe n’est qu’un chapitre. Un très beau chapitre, que je souhaitais vous conter et vous faire découvrir.

Quand l’annonce du court-métrage avait était faite, je ne fut pas surpris. Cela faisait longtemps que le groupe d’ami inséparable et charismatique voulait réaliser ce rêve devenu réalité. Clément et Maxime deviennent de fabuleux musiciens. Le premier avait d’ailleurs composé la bande originale de mon premier court-métrage: Scored. Boris a une voix qui porte très bien aux micros des ondes radiophoniques. Je ne connais malheureusement pas assez les autres. Une chose est sûr, l’équipe n’est pas sans talents et sans passion.

Un projet osé et à nombreux risques.

Le Pottershow, c’est une grande aventure. Du moins, vu des yeux d’une personne extérieur à l’équipe et qui suit la majorité des émissions depuis le tout début. L’an dernier — quand ce projet de court-métrage avait été annoncé, je sentais que les membres voulaient mettre la barre très haute et de ne pas se reposer sur quelque chose de commun. Jusqu’à maintenant en effet, la plupart des courts-métrages autour de l’univers s’intéressent à des parties bien précises des écris de J.K Rowling. Je pense notamment à des cours-métrages qui se sont inspirés de Bataille de Poudlard, ou l’histoire des Maraudeurs. Ces derniers misent surtout sur les effets spéciaux, et mettent un peu en retrait l’histoire des évènements ou des personnages que nous connaissons déjà un peu grâce aux adaptations officielles.

A la hauteur du Pottershow qui n’avait jusqu’alors rien concrétisé d’une telle ampleur et malgré tout le talent de l’équipe, j’ai eu peur. Quand Le Maître de La Mort (dont on ignorait tout pendant un bon moment) avait été annoncé, j’avais dans la tête que l’équipe allait entreprendre un schéma de production d’une aussi grande ampleur que les précédents exemples cités un peu plus haut.

J’ai donc eu peur pour eux. Non pas de voir un film plus que moyen, ou raté, mais peur qu’au rendu final ils en soient déçu. Quand l’annonce a eu lieu, je me remémorait toutes les déceptions que j’ai eu par le passé, notamment liées à mes propres réalisations. Je ne voulais pas qu’ils soient déçu d’eux et que le rendu soit au dessous de ce qu’ils s’imaginaient. Je ne voulais pas qu’ils perdent espoir en eux. Je ne voulais pas que ce film signe la fin d’une aventure.

J’ai eu tord. Je m’en veux. Le Maître de la Mort est un film qui ose. Qui a été grandement maîtrisé. Des risques ont été pris. L’histoire surpasse ce que je m’imaginais. Ils m’ont bluffés et les gars peuvent-être fiers d’eux.

Une écriture très bien ficelée

L’écriture a de mémoire durée plusieurs longues semaines, si je me souviens bien des informations qui avaient été données lors des émissions. Tout le groupe entier a participé à l’écriture, des nuits entières. Le court-métrage était un rêve de ces gars. Ils ont mis tout leur savoir et toute leur passion. Et cela se ressent fortement à chaque secondes.

Une première partie très rythmée autour du maître de la mort.

Le récit commence par la prise d’une liberté assumée par rapport aux livres. Le dépôt de Tom Elvis Jedusor à un orphelinat par sa mère (sensé être mort dès la naissance de son fils) est un des quelques exemples. Ce choix de liberté est cinématographiquement pardonnable. Qui commence véritablement en toute légèreté lorsque la caméra se lève et dresse un petit portrait en images de synthèses de Londres avant que le titre ne s’affiche.

Étonnamment et contre toute attente, le but du court-métrage n’est pas de dresser un portrait complet de l’élève attiré par la magie noire. Ni même d’expliquer sa raison d’être. Certes, il met en valeur le visage sombre de Tom Jedusor que l’on découvre à partir de ses dernières années à Poudlard en quête de la vie éternelle et du pouvoir.

Malgré tout, son histoire n’est pas mis de côté. Il compose le background du film qui est bien plus complexe. Tom est déjà en parti transformé par la magie noire. Ses actes sont déjà prémédité. Le film met en œuvre ses sombres actions qui faisaient défaut dans les films en suivant toutes les indications des livres.

On suit le Tom Jedusor qui commence à faire peur au monde des sorciers et au ministère de la magie qui se retrouve à chercher d’arrêter lui et ses premiers disciples qui deviendrons Mangemorts.

Pleins de ficelles ont été utilisées pour rendre le récit passionnant:

On ne manque pas de détails et le film s’intéresse en premier plan au mage noir. Mais, certains peuvent-être déçu du film. Certaines choses manquent pour dresser un profil complet de l’homme (Nagini, les échanges entre Dumbledore et Tom qui souhaitait devenir professeur…). Ce qui peux être également reproché est que le manque d’informations clefs. Surtout par les personnes qui n’avaient jusque là jamais entendu parlé de la saga (pourquoi casse t-il la baguette ? Pourquoi tue t-il ?). Le film est totalement un fanfilm, par des passionnés et à destinations de la communauté. Se documenter sur le monde magique et sur l’histoire d’Harry est recommandé pour pleinement en profiter.

Pour moi, ce film est un bel hommage aux débuts de Voldemort. Mais aussi, un très beau portrait du monde qui se retrouve piégé par ce maître de la mort et qui va accueillir celui qui va le libérer.

Une deuxième partie en hommage aux années éprouvantes d’Harry.

Attention, cette partie contient des spoilers que je jugent très importants.

Le Maître de La Mort est une introduction de 45 minutes au premier film de la saga cinématographique. Temporellement, ce qui est raconté précède les 6 années d’études d’Harry Potter à Poudlard. Mais étrangement, j’ai vu la deuxième partie comme un immense hommage venant tout droit du cœur des membres du Pottershow.

Comme je le disais précédemment, je vois un deuxième propos au court-métrage qui va au delà de l’histoire de Voldemort. Je vois surtout la préparation d’un drame dans un univers qui perd toute sa magie. Les images sont au tout long du film très sombres, ce qui est très éloignée des couleurs oranges, feu, neige des 3 premiers films. Le court-métrage met en avant le désespoir, dans un monde qui demande à vivre. Mais, arrivé à la deuxième partie, on ressent une force incroyable. Un force qui vient par l’évocation des Maraudeurs et de la cape d’invisibilité entre autre. Une joie, même. De la couleur, du feu.

Les scènes du 31 octobre 1981 à Godric’s Hollow sont émotionnellement très fortes. Je vois en elles un immense hommage au récit de J.K Rowling mais aussi aux réalisateurs des films. Comme à la fois une sorte de remerciement, et à la fois… quelque chose que je ne saurais décrire.

La scène de la danse entre Lily et James Potter, sur le morceau “April Come She Will” de Simon & Garfunkel m’a fait fondre en larmes. Toutes les émotions que je contenais depuis la fin du dernier film sont ressorties d’un unique coup. A l’approche de la sortie des Animaux Fantastiques, c’est terrible.

Les derniers instants de Lily a été terrible. Avoir repris mot pour mot les textes du Récit du Prince, c’était la meilleure chose à faire.

En quelques mots.

Les émotions reviennent. Je suis agréablement surpris par ce court-métrage. Je n’attendais pas à une telle histoire autour de Voldemort. Une histoire qui pourtant reprend des lignes importantes de l’œuvre complète de J.K Rowling, mais qui raconte sous un autre regard des évènements importants du long récit.

Une histoire osée: certes. Mais que dire de la réalisation et de la production en elle-même !

Le résultat est tout simplement fabuleux. Avec peu de moyens (un Canon 700D et un 1200D + un micro Rode dans aucune aide à la stabilisation lors du tournage), ils ont réussi à réaliser un moyen-métrage de 45 minutes.

Aucune ne se sent au visionnage. La réalisation a été faite avec grande subtilité et avec intelligence. Les scènes d’actions sont parfaitement maîtrisées, les sortilèges réussis visuellement. J’ai beaucoup à dire de bien du montage et des effets spéciaux, qui mettent je trouve la barre très haute pour un premier métrage et en si peu de temps. C’est toute la production qui est à saluée.

A regretter, ce sont parfois les petits soucis de mise au point qui interviennent à plusieurs reprises. La mise au point est quelque chose d’horrible et que j’ai grandement envie de pardonner. Parfois, les mains que nous avons ne suffisent pas. Parfois aussi, le son sautait ou manquait de subtilité dans les raccords ou le traitement. Avec ces points, je chipote. C’est pardonnable et de loin.

Une bande originale en hommage aux meilleurs compositeurs des films de la saga cinématographique.

Les compositions par Clément Ferrigno et Maxime Sanchez sont magnifiques. Elles reprennent pour la plupart des thèmes très forts des films. Ce sont de très bons compositeurs, qui méritent de longues carrières. Je regrettes cependant que les références aient pris trop d’importance sur les thèmes propres au court-métrage. J’attendais plus de surprises, plus de libertés par les deux compositeurs. C’est dommage qu’ils ne se soient pas plus lâchés, qu’ils n’aient pas profité de l’occasion pour marquer et rejoindre les thèmes iconiques des films.

Cependant, la bande originale reste très belle. Elle est agréable à écouter en dehors du film. Et je me dois de respecter le choix des compositeurs qui ont été pris dans le court-métrage.

Des mots pour la fin.

Et malheureusement, aussi avec quelques spoilers.

Il reste deux choses à aborder. Les décors et les accessoires ont été très bien trouvés. D’après Géraldine de RDM (voir ici), certaines incohérences se trouvaient dans les décors (des objets qui n’existaient pas à l’époque du film pouvaient s’y trouver par exemple). Mais dans la globalité, je tiens vraiment à les saluer d’avoir réussi à donner une atmosphère de Londres à des lieux se trouvant en plein Paris.

Un gros plus a été également apporté au maquillage et aux vêtements des acteurs. Avec rien, l’équipe s’est souciée de tout et le résultat est là.

Léo est Voldemort. Maxime est James Potter. Que dire de plus pour eux ? Surtout pour Léo qui a incarné à la perfection Le Maître de La Mort. Dès les premières images, j’ai cru en lui. Il est bluffant. Totalement bluffant. Maxime quant à lui, a le visage de James.

J’ai eu un grand sourire et une grande joie de voir Basile et Clément, peu présents finalement. Quel non étonnement de voir Charlie et Léo (les jumeaux) en Mangemort. Est-ce que la mort de l’un de leur personnage était une référence à la mort de Fred Weasley ?

L’actrice qui jouait le rôle d’Elyana Ogden m’a bluffée elle aussi. Le choix de Julie Poulat était aussi une bonne idée (son physique colle bien à l’image que je me suis toujours fait de Lily).

Le reste du casting était plutôt bon. Quelques fois joué tel de l’opéra, mais je me demande si cela ne venait pas de l’écriture de certains personnages secondaires.

Il faut savoir mettre un point final. C’est ainsi que cet article se termine. Les émotions sont encore là. Merci et félicitation à toutes les personnes, y compris celles de l’ombre, qui ont participé à cette œuvre. Cette aventure entière est quelque chose d’extraordinaire que je rêve de vivre un jour à mon tour. L’histoire du Pottershow est incroyable. Et le film conforte cela d’une manière si pure et si belle. C’est inspirant.

Chose que je demande rarement, n’hésitez-pas à me laisser votre avis du film à votre tour en réponses ci-dessous.