Nos souvenirs deviennent des histoires…

Sur mon ancien blog, j’avais l’habitude d’écrire des articles sans véritable sens ou objectif. En général, j’ouvrais une nouvelle page vide pour la remplir de toutes les pensées qui me traversaient l’esprit. Petit à petit, cet exercice était devenu une habitude lorsque j’avais besoin de me vaincre la solitude qui me hante chaque jour à chaque moment. Quelque soit la situation dans lequel je me trouve. Non seulement pour combattre la solitude, mais aussi le chagrin. Écrire m’aide parfois énormément.

Illustration Nos souvenirs deviennent des histoires…

Il est 00:21, les cinémas de campagne ferment leurs portes. Il faudra attendre demain matin, aux alentours de 9h00 pour profiter d’une nouvelle journée où s’aventureront de nouveaux des tas de personnages. Une journée où encore, les décors prendront vie à coup de projecteurs. La musique s’imposera sur les cris des oiseaux pour emporter les centaines de spectateurs.

Il y a quelques années, je m’étais retrouvé dans la même situation que ce soir. Alors que ces trois dernières semaines furent extraordinaires, je m’étais décidé de de nouveau croire en moi. De me laisser de nouvelles chances pour être heureux à ma manière. J’ai eu de nouveau l’inspiration pour écrire, pour créer… Il faut dire que l’investissement dans du matériel cinématographique m’a d’une certaine façon libéré. J’ai hâte de commencer les tournages du nouveau court métrage “Dans la mémoire”. Cette si grande acquisition de matériel, qui ne s’est pas fait du jour au lendemain (possible grâce à des efforts établis sur différentes années), a contribué à me rassurer. Je peux désormais être indépendant, notamment en ayant réussi à obtenir les études qui me permettent d’être heureux. Je peux créer comme je le souhaite, j’ai tout ce dont j’ai besoin pour être heureux: caméra, équipements allant avec, un appartement meublé et chauffé, un repas équilibré, des études que j’aime. Mais, pourtant, je ne parviens pas à l’être.

Depuis quelques temps, l’envie de créer (de faire des films, d’entamer le dialogue, de réfléchir à de nouvelles choses) s’impose sur mon moral. Il n’est jamais bon de me voir créer. Pour moi, créer signifie peut-être de m’évader dans des univers qui me paraissent meilleur que toute la personne que je suis. C’est d’une certaine manière m’effacer dans des choses différentes… qui pourront vivres d’une bien meilleure façon que moi.

Le court-métrage raconte la solitude d’un garçon malade, mourant. Derrière cette histoire que je vous raconterais bientôt, se cache des tas de sous-entendus qui m’aident à un peu mieux comprendre qui je suis et comment fonctionne le monde.

J’ai envie de faire beaucoup de chose. Mais ce soir, je n’ai ni le bonheur de regarder un film. J’ai tenté de m’accrocher à des séries télés qui me passionnent, mais rapidement je n’ai pu continuer. J’ai tenté d’avancer dans des projets que je ne peux dévoiler pour le moment… mais rapidement fut lâché le clavier.

Cela faisait donc longtemps que je ne m’étais pas retrouvé là, écoutant un extrait d’une bande originale qui représente beaucoup pour moi, assis sur le canapé à attendre que le temps s’arrête. Mon dernier souffle.

Je n’ai alors envie que d’une unique chose: marcher, droit, dans les rues en direction du cinéma le plus proche. J’ai envie d’une chose: rejoindre le seul monde dans lequel je me sent bien. Un monde que je cherche à embellir avec mes histoires.

Mais il est maintenant 00:41. Et avec une heure de marche à l’horizon, les larmes me viennent en me disant qu’il est trop tard. Je ne pourrais pas de nouveau vivre l’aventure de Rey, le voyage d’Arlo ou suivre la bande des 8 Salopard avant la Casse du Siècle.

Cela faisait longtemps que jamais je n’avais eu autant l’envie d’aller au cinéma… Un “objet” comparable pour moi à la glace si utile pour les filles après rupture…

C’est une nouvelle phase…

Une phase pas facile.