The Neon Demon

Couleur Ruby. Suivant votre attente de surprises, cet article peu contenir des spoilers.

Illustration The Neon Demon

Je ne voulais pas quitter la salle au moins 10 minutes après le film. Mais je n’ai pas eu le choix. Je voulais rester assis sur mon siège, à regarder l’écran, dans une magnifique salle de cinéma. Dans cette salle qui commence à devenir mon petit coin de paradis à moi.

Je viens d’assister à ma plus belle expérience cinématographique. Je vais au cinéma une fois par semaine depuis 3 ans, et voilà il fallait que ce jour arrive.

Nous vous apprêtez pas à lire une critique objective, je ne chercherais pas à argumenter mon avis. Peut-être que je vais le faire, je ne sais pas. J’écris cet article à chaud: mon réflexe en entrant a été d’ouvrir ce blog pour vous écrire.

The Neon Demon était ma plus grande envie pour la première moitié de l’année. Paradoxalement, de la filmographie de Nicolas Winding Refn, je n’ai vu qu’un extrait de Drive un jour en zappant sur la TV.

Lorsque le film a été annoncé, beaucoup ont commencé à en parler autour de moi. Est-ce cette gestation accru et amplifiée par le Festival de Cannes qui m’ont donné autant envie d’explorer un nouvel univers que je ne connaissais pas ? Je crois que je me suis un peu retrouvé comme Jesse. Plongé dans l’excitation d’atteindre quelque chose qui m’échapperait. Plongé dans un univers qui m’es inconnu et me déstabilisant.

Par quoi commencer ?

Assez, je vais à l’essentiel.

Les trois premières minutes de mise en contexte aussi simplement fut-elle portée par une musique terrifiante, m’ont fait hérisser les poiles.

Jamais je n’ai vu le sujet de la mode traitée ainsi. Jamais je n’ai vu un portrait “la femme” comme dans ce film. Jamais je n’ai vu autant de passion pour “cet objet” tel qu’on porte à le croire dans ce contexte.

La première chose que j’ai envie de dire, c’est que c’est à ce jour le film que j’ai le plus apprécié esthétiquement.

Je suis extrêmement jaloux de toutes les personnes qui ont travaillé sur l’éclairage, les cadreurs, pour le maquillage, la confection des décors… je n’ai jamais été aussi jaloux que je le suis actuellement. Je suis totalement sous le charme de la photographie et de la mise en scène. Je garde en tête des scènes, par dizaines, qui m’ont complètement emporté dans un état psychédélique: je pense notamment à la scène du “show” lorsque Jesse découvre ces “futurs” amies, la scène du couloir qui la précède, la scène du défilé tant important pour elle qui m’est inexplicable.

J’ai eu l’impression d’être comme un photographe qui a passé 2h à observer des mannequins vivre leur vie très artificielle, dans un environnement plastique et très éclairées de milles couleurs. J’ai eu l’impression d’entrer dans un univers réel — horrible l’est-il — formé autour de “la mode”. Qui est si étrange et démesuré, ne m’avait jamais jusqu’alors attiré.

Elle Fanning et Jena Malone (que j’apprécie énormément) m’ont totalement bluffé. Je n’ai pas eu l’impression d’observer des personnages qui ont eu un point de début et un point de fin. J’ai justement eu l’impression de croiser un bout de chemin de ces personnages. D’être cette fois leur photographe la durée d’un film. Leur jeu d’acteur est incroyable. Elles ont eu le courage de tourner des scènes des plus étranges et atroces. Le réalisateur Nicolas Winding Refn qui mérite d’être renommé, les a sublimées par leur écriture à chacune et par leur direction. Elles ont été sublimées partout dans le film, sous de multiples traits du visages et dans toutes les positions dramatiques possibles.

Il y a 4 personnages très importants. Cela peut paraître peu, mais ces 4 derniers ont des histoires très complexes et longues à raconter. Mais l’évolution de chacune, la folie qui les prennent toutes est aussi démesuré que l’univers où elles se trouvent. J’ai eu les jetons, à plusieurs reprises. Je me suis fait avoir par Elle Fanning, surtout lorsqu’elle atteint le sommet autour d’une table avec son homme tout aussi objet et protecteur d’un soir. Elle s’est fait désirée puis détestée… Elle est Jesse. “Dangereuse”. J’ai encore terriblement peur d’elle. Si douce mais malheureusement transformée. J’en serais presque amoureux.

Et d’un autre côté se trouve le petit groupe des trois filles: Gigi mais aussi et surtout Ruby et Sarah. Rah, c’est dommage. Mais je dois m’arrêter là. J’ai envie de partager pleins de choses, mais ce serait trop vous en raconter.

Par exemple, à un moment, un personnage se trouve terriblement perdu. Elle se réfugie dans des toilettes et se met à fumer. A un moment donnée, elle se met à parler et dit: “je ne suis qu’un fantôme”. Au même moment, elle souffle sur la fumée qu’elle venait de dégager. C’est un petit exemple, mais voyez ce tout petit détail…

L’esthétique n’a pas été aussi travaillée pour nous faire sortir de la salle avec l’impression d’avoir vu une grande publicité. Il est l’un des éléments des plus narratifs. Il met en valeur les expression des artistes, il fait vivre les décors. Il fait pulser les cœurs des personnages. Il ajoute le côté thriller, le côté dramatique. Et de plus, il se justifie à plusieurs reprises. On oublierait même à la moitié du film ce côté “beau”, j’ai commencé à en avoir peur. L’esthétique au tout début, charmeur, s’est transformé en un démon qui m’a terrifié plus le temps passe.

Mais ce qui me terrifie encore une fois, c’est la bande originale. Elle s’ajoute comme si elle forçait à se faire entendre. Elle veut se dire présente, et elle nous le fait savoir en nous emportant d’une autre manière que le fait l’esthétique. Elle veut elle aussi s’imprégner des personnages et mordre le spectateur.

Plus le film avance, plus les personnages deviennent sombres. Tous autant qu’ils sont. Les lumières, les décors ne font que suivre les personnages.

Je suis passé de l’état du désire au dégoût le plus profond. Au début, j’étais émerveillé par la réalisation. Puis, je l’ai complètement oubliée car j’étais le photographe. Puis, je suis complètement devenu les personnages lors de la scène de la piscine. J’ai eu terriblement mal au ventre, j’ai eu du pur dégoût pour tout ce qu’il y avait face à moi. J’étais intrigué, mais en fait très heureux. Parce que tout était bien. La fin, totalement wtf, est excellente. Quand je parle de la fin, je parle en fait du fondu final du générique.

J’ai un soucis avec les génériques: un fond noir, du texte qui défile… on ne fait attention à aucun nom, sauf à certains. Maintenant, les studios commencent à a ajouter des petites animations, mais ils restent encore étrangers au film. Ça me gêne, créativement. Et je fais parti de ceux qui cherchent une alternative. Une alternative comme celle de The Neon Demon: le générique est différent de tout autre film. Il étend l’identité du film, il se l’approprie. Sia aussi se l’approprie et offre une prestation qui fait exploser toute la pellicule. Pour le point final. Car il faut une fin à tout.

Mon cerveau a complètement bugué, là maintenant je m’oblige à me remettre en question et à retrouver mon esprit. Jamais une telle chose ne m’était arrivé jusqu’à maintenant.

J’ai aimé The Neon Demon. Je l’attendais. J’ai envie d’assister à la prochaine séance. Je ne peux que vous encourager à vous rendre au cinéma pour ce film. C’est une expérience à vivre. J’ai envie de la revivre !