The Shape of Water — Poème de Guillermo del Toro

J’ai mis du temps avant d’aimer Le Labyrinthe de Pan que j’adore désormais. Je n’ai jamais aimé Pacific Rim. J’ai adoré Crimson Peak et le plus ancien Hellboy. Puis, il y a désormais The Shape of Water, Oscarisé quatre fois dans la nuit du quatre au cinq mars 2018. Voici un article écrit à chaud après visionnage.

Illustration The Shape of Water — Poème de Guillermo del Toro

Oppression

Pendant une grande partie du film, j’ai eu le sentiment d'être enfermé dans le monde qui est en dessus dessous. Alexandre Desplat nous endors dans les profondeurs d’une histoire racontée par un narrateur qui peu à peu nous abandonne dans un univers comme si toute chose est est réinventé. Tous nos principes établis, toute logique de notre monde devient illogique à côté de cet univers. Le personnage principal est une femme de ménage, muette et véritablement seule. Ce qui est l’extrême opposé de tout ce qui l’entoure. En reparlant de désordre et de non sens complet, j’ai ressenti comme envie et une obsession de nettoyer tous les travers de l’univers. L’univers est oppressant alors que riche de couleurs et de poésie. Pendant près de trois quart d’heure, Guillermo del Toro dépeins un riche univers avant que l’histoire ne commence véritablement.

Une berceuse, une poésie.

On ne bouge pas, on regarde, on est aussi curieux que la jeune femme muette à la douloureuse vie. Nous sommes bercé par la musique, nous sommes comme des petites souris qui se files dans l'imagination du réalisateur. On découvre la petite créature irréelle bien que rien de plus réel. Et le combat de sauver cette dernière des griffes d'une société où la course du premier n'est le seul intérêt. Où peu importe le bien être de l'animal, il faut être plus fort que les autres. Les sujets du film sont déjà vu mais toujours d’actualité: méritons-nous de ne pas être traité de la même manière malgré nos différences de peau, malgré notre handicap, notre nationalité ou même… l’entièreté de notre corps ?

Quelques points de l’histoire et du scénario: une romance entre un monstre et un humain n’est absolument pas nouveau. Rien dans l’histoire n’est incroyable en tant que tel, mais le film a un charme certain par le tableau qui compose le film. Au sujet des décors, des costumes, de la créature en elle-même, j’ai eu la chance de rêver et d’être documenté avant de découvrir le film de mes propres films. Je vous conseil d’écouter ou de voir la première édition du “Pandora’s Box” dédiée au film qui raconte pendant une heure pleins d’anecdotes très intéressantes.

Il y beaucoup de choses qui font que j'adore ce film. Il s’agit même d’un coup de ❤. L'ambiance, la musique abîmée par le temps, romantique et valsant, le ridicule autour de l'histoire des tartes, le personnage au tableau qui se bat pour son art, l'obsession des russes, la photographie, les décors, les costumes d’antan, les références cinématographiques, la place du cinéma, l’attachement aux techniques traditionnelles de tournage… tout est pour me toucher et me bercer, dans et au delà du film. Il me fait même rêver.

Ce film n'est sans doute pas sans défaut, mais il est unique, intemporel, de la pâte personnelle d'un réalisateur qui s'empare d'un art pour continuellement le renverser et l'exploiter.

Soutenez le cinéma fantastique, soutenez à votre manière The Shape of Water de Guillermo del Toro produit par la branche indépendant de la Century Fox. Pour ma part j’ai un regret: celui de ne pas avoir pu le voir au cinéma, n’ayant pas eu le mérite d’être programmé.