Adieu, Vallen

Vallen, cela fait un moment que je n'ai pas écrit à ton sujet. Pourtant, je ne cesse jamais de penser à toi, Lina et Oliver.

Nous nous sommes rencontrés au collège et depuis jamais nous nous sommes quitté, quelque part au fond de mon cœur.

 

Illustration Adieu, Vallen

Crédit photo - Photo by Vera Gorbunova

Lorsque je t'ai vu la première fois, Vallen, tu vivais au fond d'une décharge. Je me souviens que tu avais toujours autour de ton cou un vieil appareil photo argentique, que tu rangeais le soir en revenant dans ce qui ressemblait à un cabanon pour y passer les nuits. L'album que tu laissais rangé dans un tiroir que tu avais du mal à refermer m'a aussi pas mal marqué. Je voyais les photos de Lina, qui s'était éloigné de toi au point de te bouleverser profondément.

Il y avait la ville, très loin de là où tu étais. Et que tu n'as jamais pu rejoindre.

Quel chemin parcouru depuis. Tu es pourtant resté seul, dans ce cabanon. Devenu plus tard une cabane d'ailleurs. Les idées noires quittaient progressivement l'esprit qui tournait autour de toi. Tu as grandi, en même temps que moi. Tu ne m'avais pas encore présenté Oliver, mais tu as eu le courage de me présenter Lina. Ambitieuse, battante et rebelle. Un tout autre visage que celle que je voyais dans ton album. Je t'ai vu t'installer dans une cabane perchée en haut des arbres, je te voyais avec le bout de technologie qui te permettait d'avoir une trace de ton passé et de ton père.

C'est tout un village qui s'est construit autour de ce cabanon. D'abord, tu as chassé les villes qui te faisaient si peurs car si dangereuses. Où la vie était dictée par les secondes et les heures, des textes et des visions qui ne te ressemblaient pas.

Je t'ai vu te rapprocher d'un village et de tes parents. Je t'ai vu rêver et raconter des histoire à ton petit frère, Oliver. Tu étais la fierté de tes parents mais la moquerie des autres qui ne croyaient aucun mot de ce vieil homme où toutes les légendes permettait à chacun de retrouver sa place.

Quelle belle soirée sous les étoiles et sous les lanternes. Quelle belle et dernière nuit avant que la tempête ne te sépare de ta famille et de Lina. Quelle douceur avant que tu n'apprennes que le vieil homme n'était qu'une projection d'un message laissé par toute une civilisation abandonnée il y a des cycles trilunaires dont en restait en tant que cendres les pierres de Natkira.

 

Si je t'écris Vallen, c'est pour te dire adieu.

Je pense beaucoup à toi, et je m'en veux de t'abandonner. Je continuerais de prendre de tes nouvelles, chaque jour, et je te promet qu'un jour tu trouveras le bout du chemin que je t'ai toujours cherché. Tu verras la mort, sache-le. Tu verras des concepts que nul ne peut imaginer. Tu ne t'arrêteras pas à la ferme où les choses ont commencés à devenir vraiment étranges. Tu vivras une grande aventure qui fera sans doute verser les dernières larmes de mes yeux le jours où mon histoire à moi se terminera. Car un jour, j'aurais la chance de voir mon histoire se terminer, contrairement à toi.

L'on ne me verra plus à Planitka. Je n'arrives plus à y retourner. Peut-être que quelque part, j'ai besoin de m'en éloigner et accepter que le domaine aux 3 planètes n'est de mon passé. Non, il sera un jour de mon futur. Mais je ne m'en fais plus une promesse.

 

Ton ami,

Max J.R.