Confinement du futur (nouvelle)


L'effondrement de notre société industrielle est un sujet de plus en plus pris au serieux. Alors qu'une série va bientôt être diffusée par Les Parasites ou que Absol se soit lancer dans un documentaire en plusieurs parties, ce sujet me passionne tout autant. Et bien naturellement, il  inspiré. Voici une nouvelle histoire, qui je l'espère vous touchera.

Illustration Confinement du futur (nouvelle)

Crédit photo - Photo by Almos Bechtold

37ème jours de confinement imposé par le gouvernement universel qui dicte l'intégralité des pays de notre petit planète grise et bleu. Inutile d'aller regarder ce qu'il me reste pour survivre, je n'ai plus assez d'eau ni assez de nourriture pour tenir une semaine de plus.

Le temps paraît long. A vrai dire, tout est relatif. Je n'ai pas connu l'époque où mes ancêtres utilisaient les montres ou lorsqu'ils regardaient l'heure sur leurs marchines électroniques. J'ai donc appris à apprécier l'incertitude et l'imprécision des cadrans solaires. Même si je dois avouer que mon seul repère sûr n'est que la tombé de la nuit. C'est le moment que je préfère d'ailleurs, car je peux alors fermer les yeux et me raconter des histoires.

45ème jour de confinement imposé par le gouvernement universel. 3ème jour depuis le départ des derniers voisins.

Au temps où nous pouvions encore prendre notre vélo et nous rendre aux ateliers de travail obligatoire pour le projet de nouvelle économie, je n'avais jamais eu véritablement l'occasion de faire leur rencontre. Il faut dire que depuis leur emménagement, tout est allé très vite. D'abord, la fermeture des dernières mairies de ce qui était avant la république, puis abandon des derniers camions à essence, ou encore la loi rendant tout courrier illégal si non temponé de la main du gouvernement universel. Et bien-sûr, la fermeture des ateliers de travail obligatoire, puisqu'on ne pouvait même plus nous donner du travail.

J'envie Milan et sa famille. J'aimerai moi aussi me rendre à la boîte au lettre, qu'on m'interpelle pour m'annoncer que tout est désormais fini. Et m'annoncer que moi aussi je dois mourir. Oh oui, je pense que c'est ce qui a été annoncé à Milan et sa petite fille qui était à peine prête à recevoir les premiers enseignements de mémoire, lecture, écriture et premières approches de la création du nouveau monde. J'ai appris les matières par coeur, lorsque ma propre nièce a fait parti de la génération qui a vu l'enseignement bousculer du jour au lendemain.

76ème jour. Toujours vivant. Mon jardin ne s'est jamais aussi bien porté. Il a fait pas mal froid ces derniers temps, alors il a fallut que j'abrite tous mes plans de légumes verts. Je dois avouer que je n'ai pas eu le choix que de regarder ce que Milan pouvait avoir dans son cabanon, pour solidifier mes petits tunnels. Milan avait la main verte, bien plus que moi en tout cas ! Il savait aussi bricoler à partir de rien, à voir tous les matériaux de récupération qu'il a transformé en outils plus ingénieux les uns que les autres. Il savait trouver des alternatives aux machines automatiques. Pour la prochaine saison, si je suis toujours là, je ne manquerais pas demprunter son motoculteur ! S'il y a bien quelque chose que personne n'a oublié de l'ancien temps, c'est bien ça. Et les tracteurs aussi ! Tous ces engins venant de l'agriculture, seuls vestiges autorisés par le gouvernement universel afin que nous tous, vivant sur cette planète, puissions survivre. C'est pour ça que j'attends toujours la venue des gaillards de ce gouvernement pour m'annoncer ma mort.

93ème jour. Je n'ai pas réussi à sauver mon jardin de la tempête. Tous les tunnels se sont retrouvés transpercés par les branches des arbres environnants. Le gouvernement peut toujours venir m'annoncer ma mort, qu'ils n'en prennent pas la peine. Je n'ai plus personne autour de moi. Je suis seul. Je n'ai plus rien. Si seulement le gouvernement autorisait les lettres, exceptionnellement, au moins une fois, pour dire à ma nièce combien je l'aime en tant qu'oncle. Et tellement je suis désolé que ces parents l'ai fait naître dans ce monde.

100ème jour. J'écris ces lignes car c'est symbolique ! Il me reste quelques réserves de nourriture, mais pas assez pour tenir seul 100 jours de plus. Je profite: joyeux anniversaire à moi-même !

Quelqu'un frappe à la porte ce matin. Si j'avais eu le temps de prendre mon carnet et écrire les premiers mots du jour. Je saurais alors que j'ai passé 128 jours sans contact humain. Je n'ose pas ouvrir car c'est finalement aujourd'hui que je vais mourir. Ils sont bien trois, comme lorsqu'ils sont allé rencontrer Milan et sa famille. On ne m'annonce pas ma mort. On m'annonce que ma vie ne fait que de commencer.

100ème jour dans ce nouveau monde. J'écris ces lignes car c'est symbolique ! J'aime ma nouvelle vie, celle remplie d'espoir dans un nouveau monde qui semble enfin fonctionner. Aujourd'hui, mon général citoyens a été heureux de me léguer mon premier insigne que je peux désormais mettre sur ma veste. J'ai planté le 4000ème arbre de notre division ! Ce soir, ce sera festin ! On peut désormais se le permettre, parce qu'avec la reprise en main du reste de la civilisation par le gouvernement universel, on commence à pouvoir revivre. Comme avant. Ou peut-être mieux qu'avant ! Peut-être, je ne sais pas quel est le boîtier que je tiens dans les mains. Ça ressemble à de l'électronique. C'est Milan qui m'a apporté ça l'autre jour ! Milan, il m'a aussi dit que plus tard, quand tout ça repoussera, je pourrais écrire à ma nièce. Et lui dire que je suis fier qu'un beau monde s'ouvre à elle. Même si jamais je n'aurai le courage de lui dire quel a été le prix.