"It all started with the big BANG!"

Il y a peut-être dix ans de cela, l'un de mes meilleurs amis d'enfance déjà passionné par les sciences et par l'informatique me disait "hey, tu devrais jeter un coup d'œil à une série qui s’appelle The Big Bang Theory, c'est super drôle comme tout tu devrais adorer !".

Illustration "It all started with the big BANG!"

Crédit photo - The Stockholm Syndrome - The Big Bang Theory

J'avais treize ans sans doute. Oui, c’est bien ça. Mon adolescence approchait et toutes les complications ou emmerdes avec. J'étais passionné par les technologies, le monde scientifique par certaines figures emblématiques qui représentent ces éléments indissociables de la culture du monde. Mais j'adorais aussi le cinéma, surtout le cinéma. Les adaptations de livres, de comics au cinéma. Bref, j’étais curieux par tout ce qui intéresse « un geek » comme on disait. J’étais un geek, car on me le disait. Un « petit geek » qui souffrait à chaque fois qu’on disait ça, que je rejetais encore à une époque où Stranger Things n’existait pas et ne rendait pas ça très très cool.

Aujourd’hui encore, quand on me dit « il FAUT que tu regardes ça », je ne regarde pas. En tout cas, je ne regarde pas sans avoir eu une occasion en or. Je me souviens un après-midi de vacances zapper. Après avoir vu trois/quatre épisodes de Malcolm, j’étais tombé sur un épisode de « The Big Bang Theory » qui était diffusé en clair sur NRJ12. C’étaient quatre potes sur un toit qui voulaient profiter de leur tout nouveau télescope afin de voir le ciel étoilé. Le premier s’appelait Sheldon : t-shirt de Green Lantern, très égocentrique, physicien théoricien, rêvant du prix Nobel, véritablement unique. Le deuxième Léonard : aux lunettes « bien geek » , physicien théoricien expérimentaliste, personnage auquel je me suis instantanément identifié, au cœur extrêmement ouvert, l’ouvrant même à la petite voisine adorable Penny. Howard, futur astronaute aux ceintures iconographiques. Et enfin, Rajesh, Astrophysicien atteint du « mutisme sélectif avec les femmes ». Je m’étais laissé transporté par la programmation de la chaîne. Une programmation désastreuse d’épisodes mélangés dans tous les sens et en version Française.

J'ignorais alors l'importance qu'allait avoir cette série sur mon adolescence et ma vie d'aujourd'hui. NRJ devait annoncer en diffusion inédite en clair la « nouvelle saison de l’époque ». C’était la saison 3, le personnage d’Amy Farrah Fowler débarquait pour chambouler le personnage de Sheldon. Bernadette aussi, pour chambouler à son tour le personnage d’Howard. Je m’étais alors demandé : qui sont ces personnages ? Avec la diffusion aléatoire des épisodes, j’étais perdu. C’est alors que je me suis tourné vers le streaming « tbbt+saison1+episode1 ». Je suis tombé sur l’épisode pilote jamais diffusé, puis sur le véritable épisode pilote de la série. J’ai découvert le retard que nous avions en France et… plus jamais la série n’a quitté mon esprit.

Je suis donc l’incarnation de la génération « TBBT ». Je suis la génération qui aura partagée derrière la TV la vie d’un groupe d’amis fictifs ouvrant leurs curiosités du monde et leur amour à la plus grande audience jamais réalisée pour une Sitcom. Je suis la génération qui suivait celle qui avait grandi avec Friends.

J’en suis fier. Car The Big Bang Theory c’est… un regroupant de personnages aux multiples facettes et d’une majorité des cultures du monde entier. Ce sont des thèmes sans fin, un renouvellement constant. Une mise en avant de la femme dans les sciences. Une Penny aux premiers abords nunuches mais brillante lorsqu’elle s’ouvre à ceux qui la voit telle qu’elle est vraiment, tel qu’on devrait voir chacune des femmes que l’on croise dans la rue. C’est la caricature de toutes les classes sociales. Le partage, l’amitié, l’amour des prochains. S’accepter. Accepter les autres, grandir avec les autres.

The Big Bang Theory, ce sont 20 minutes de théâtre une fois par semaine. Ce sont des rires, qui viennent d’un public présent lors des enregistrements aux studios Warner Bros. C’est de l’humour, du sérieux, de l’autodérision, de la Pop-Culture, de la référence. Et de l’amour des sciences, de la technologie, du cinéma, de la littérature, des comics, de la nourriture, des trains, de l’histoire, des inventions.

The Big Bang Theory, ce sont des épisodes exceptionnels et devenus cultes. 12 saisons de 23 épisodes en moyenne. Long à rattraper, qui en rebute certains. Souffrant de sa comparaison à Friends, bloqué par son format de Sitcom. Qui en décourage beaucoup mais ce n’est pas grave. Au contraire de Stranger Things, ça créer de l’exclusivité. Cela reste « ma série que personne d’autre ne peut comprendre mieux que moi ». Ça reste « ma petite exclusivité », « mon coquons ». Ça me rassure, ça m’accompagne dans mes tristesses et dans mes peurs. Parfois, ça me déçois et ça m’ennuie. Ces derniers temps, c’était un peu plus difficile à suivre.

Lorsque la saison 12 a été annoncée comme la dernière, ce n’était pas une surprise. La série a eu droit à deux saisons de plus, pour tirer sur la corde du succès jusqu’au bout. Les choses n’étaient pas gagnées : les acteurs voulaient passer à autre chose et cela se voyait, surtout par le jeu de Kaley Cuoco de Penny. Quant aux auteurs, il était difficile pour eux de tenir sur la longueur et étirer les histoires des personnages qui sont arrivés à maturité. Même Sheldon arrivait à tourner en rond, il ne nous réservait plus aucune surprise. Un mal pour un bien, les arcs narratifs ont permi de laisser plus de place au personnage de Rajesh si adorable et touchant. Si seul aussi, jusqu’au bout mais tenant grâce à son meilleur ami « qui l’aime terriblement », le fabuleux papa de deux enfants : Howard.

The Big Bang Theory, c’est aussi une série qui aura sût se relever. Elle m’aura de nouveau passionné avec sa dernière saison, au point de me rendre de nouveau impatient de la sortie des nouveaux épisodes. C’est une saison 12 qui aura rendue hommage à l’ensemble de la série, donné une dimension toute autre à l’intégralité des arcs, qui aura rendu les personnages plus que jamais éternels. Qui aura rendu les personnages certes fictifs, mais aussi plus que jamais réels.

Cette nuit dernière, The Big Bang Theory s’est terminée sous mes yeux. En pleine nuit. Clôturant un grand chapitre de ma vie, en apothéose.

Maintenant, la série appartient au passé. A mon passé. Je suis heureux, car je crois que jamais je ne serais nostalgique de ces derniers instants. La fin de The Big Bang Theory m’a fait énormément pleurer, c’est vrai. J’ai été bouleversé d’émotions, car touché par le message final de Sheldon. Mais en écrivant ces lignes, je souris. Je crois.

J’ai cette image finale : celle du groupe entier partageant ce fameux repas autour du canapé et de la petite table basse. C’est cette image chaleureuse et conviviale qui nous invite à rejoindre le petit groupe à chaque début d’épisode. Je suis heureux de ne savoir qu’à jamais mes amis de toujours Léonard, Sheldon, Penny, Rajesh, Howard, Bernadette et Amy seront ensembles sans jamais se quitter.

Je sais que j’ai encore 279 histoires à redécouvrir encore et encore. Me dire que c’est comme si je me rappelais des souvenirs de mes 22 premières années d’existences. Je me souviendrais de moments intimes et précieux : les moments où j’accueillais des amis pour se mettre sous les plaides et revoir les premières saisons. Me rappeler des discussions avec mon oncle autour de la série. Me rappeler de cette fois où mon pote m’a dit : « tu devrais regarder, tu vas adorer ».

Merci Chuck. Merci Bill.

Merci Jim, Johnny, Kaley, Simon, Kunal, Melissa, Mayim, toutes les personnes qui ont participées de prêt ou de loin aux productions. Aux Guest, aux techniciens, à la chaîne CBS…

Il y avait il y a quelques temps un petit garçon qui se sentait très seul. D’autres petites filles et petits garçons aussi (référence au dernier épisode de « Young Sheldon »). Merci de leur avoir donné une si belle fin qui va encourager toute une génération à s’accepter. Comme la série m’a permi de m’accepter.

Merci pour The Big Bang Theory.