Le voyage d’Aléa (Légende)

Avant la terrible tempête qui détruisit l’ancien Royaume du Roi Mélandre, Aléa Princesse héritière du trône rêvait de partir à l’aventure dans les nouveaux mondes jusqu’alors inexplorés mais source de toutes les légendes. Malgré ce qui peut être lu dans les grimoires, quelques détails de son histoire n’ont jamais été véritablement racontés. Voici une légende composée pour les Variations Artistiques, qui fait suite à ce conte écrit en 2018.

Illustration Le voyage d’Aléa (Légende)

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Après la reconstruction des villages et des commerces, Aléa avait mis du temps avant d’accepter la couronne qu’elle seule pouvait porter aux yeux de ses prochains, pour ses sacrifices et son combat durant ces temps si difficiles. Elle avait aussi mis du temps avant de se marier et d’avoir le premier enfant. Voulait-elle construire sa vie dans un monde qui risquerait de finir comme celui de son père ? Voulait-elle véritablement sacrifier vie entière pour que le Royaume prospère autour de sa famille ? Son peuple s’est-il bien reconstruit après la tempête.

Tout évènement tragique laisse des traces, répétait régulièrement Aléa lorsqu’elle rencontrait marchands et paysans. Tout évènement tragique laisse des traces, se répétait-elle le soir avant de se coucher.

Un jour, près de la reconstitution de l’ancienne bibliothèque, le Roi Mélandre alors très fatigué et pris de douleurs, s’approcha d’Aléa :

-        Mon temps est plus que jamais compté, lui dit-il en lui tenant une épaule. Avant que je ne meurs, il y a une dernière chose que nous devons faire.

C’était la première fois qu’Aléa entrait dans cette nouvelle bibliothèque. Tout était identique à ses souvenirs, tout était parfaitement à sa place. Sauf sa petite cabane, qui n’avait plus lieu d’être à son plus grand regret.

Du centre de la bibliothèque se leva par magie une pierre brillante d’étoiles. Une feuille de papier très fine se format au-dessus de cette table. Des plumes et de l’encre apparurent à leur tour, tout autour de cette feuille en lévitation.

-        Aléa, retrouve-moi le livre sur l’histoire des premiers Lumènes, s’il te plaît, lui demanda son père.

-        Père ? questionna Aléa, inquiète.

-        Ne poses pas de question.

Elle suivit l’ordre.

D’autres hommes et femmes vêtus de robes blanches et dorées entrèrent à leur tour dans la bibliothèque. Considérés comme les protecteurs du livre, ils étaient les entités des anciens rois et reines. L’inquiétude d’Aléa empirait. Elle comprit immédiatement quelle était cette dernière tâche. Elle commença à ressentir des frissons dans tout son corps, partagée entre l’excitation et la gravité de la situation.

-        Omedarde, ouvrez la dernière page du livre. Effacez-la. Personne ne doit savoir. Considérons cette histoire comme... Oubliée.

-        Mélandre, c’est contre…, commença Omedarde qui s’arrêta de lui-même.

-        Omedarde, vous me faites confiance, n’est-ce pas ?

Mélandre fronça les sourcils.

-        Oui mon Roi.

Omedarde détourna ses yeux du livre et arracha la dernière page.

Toute l’excitation qu’Aléa pouvait avoir s’envola de ce simple geste. Une profonde colère monta en elle.

-        Aléa, dit Mélandre en se tournant vers sa fille. Cette tempête n’était pas un hasard. Ce n’était qu’une épreuve.

Aléa resta silencieuse.

Les mots de son père se mélangèrent dans son esprit.

-        Aléa, répéta-t-il. Te souviens-tu de cette dernière page ?

-        Père, ce n’était qu’une légende ?

La voix d’Aléa dérailla.

-        Non, ce sont les dernières visions de ta grand-mère, déclara l’ancien roi. J’ai eu ces mêmes visions cette nuit. Je vais mourir ces prochains jours, ta mère n’étant plus de ce monde, le secret restera entre toi et moi.

Mélandre s’avançât de la table de pierre et prit sa respiration.

-        Moi, Mélandre, Roi de l’ancien Royaume, père d’Aléa Reine du nouveau Royaume, certifie l’exactitude des prochains mémoires.

Mélandre fit signe à Aléa de se rapprocher à son tour de la table. Aléa prit à son tour sa respiration.

-        Moi, Aléa, Reine du nouveau Royaume, fille de Mélandre Roi de l’ancien Royaume, certifie l’exactitude des prochains mémoires, imita-t-elle.

-        Après la terrible tempête, ma fille a sacrifiée toute sa vie entière pour mon Royaume qui a pu se reconstruire. Après la tempête, ma fille a sacrifiée toute sa vie entière auprès des siens pour les protéger des prochains dangers. Elle mourra heureuse auprès de sa famille et dans son château, son fils reprendra le trône ainsi que les générations futures

Le roi s’éloigna de la pierre, pour laisser place aux gardiens. D’un claquement de doigts, tous disparurent. Emportant avec eux les écrits.

-        Aléa, te souviens-tu de cette vision ? Interrogeât le père.

-        Ce volcan de feu, entouré de poussière, se remémora Aléa.

Mélandre sortit de sa robe une petite feuille pliée en 8 qu’il tendit à sa fille.

-        Voici une carte, que j’ai pu reproduire de ma vision de la nuit. Il pointa une croix située au centre de la carte. Ici, reprit-il c’est notre royaume. Il pointa une deuxième croix. Ici, c’est ce qu’il semble rester de ce volcan.

Mélandre attendit un petit temps. Puis reprit :

-        Dès demain, j’annoncerai mon état de santé au peuple et que nous devrons profiter de nos derniers instants ensemble dans notre maison de campagne. Quelques jours après ma véritable mort, une équipe que je constituerai annoncera au peuple ton besoin d’y rester et que ce sera désormais de là-bas que tu gouverneras. Tu y construira officiellement ta vie, on partagera tes journées dans les journaux, tu te montreras proche du peuple de toutes les manières possibles.

Aléa vit une lumière s’approcher d’elle, venant tout droit d’un couloir entre deux des étagères de la bibliothèque. Arrivée près d’elle, cette lumière changea sa courbe pour prendre l’apparence de l’ancienne princesse.

La vie d’Aléa se retrouva une deuxième fois chamboulée. Elle comprit que tout ce qu’elle s’était forcée à construire était le fruit d’un évènement qui devait arriver et qui annonçait quelque chose de bien plus important. Elle pensa aux récits de sa grand-mère et à ces rêves d’exploration. Et si ces rêves avaient été contrôlées par sa famille pour la préparer à cet instant ?

-        Que va-t-il advenir de mon enfant ? Aléa ne sut que demander d’autre.

-        ll est bien trop jeune pour pleurer le départ de sa mère. Quant à ton mari Albertin, c’est désormais à lui de reprendre secrètement le trône. J’ai pleinement confiance en lui. Invite-le à refaire sa vie secrètement et à s’attendre de ne pas te revoir. Je lui expliquerai tout de moi-même. Je lui promettrai richesse et vie heureuse. Il sera bien entouré, ne t’en fais-pas.

Après l’annonce du roi Mélandre, la diligence Royale prit le chemin vers la campagne éloignée du Royaume.

-        Ce soir, Aléa, un portail d’eau s’ouvrira. Tu y retrouveras un radeau qui te guidera jusqu’au volcan. Tu ne seras pas en danger tant que je serai de ce monde. Je ne te garantis rien pour les jours d’après. Ni même de ce que tu y trouveras.

Le moment venu, Aléa enfila son petit sac contenant couverture, quelques fruits, une gourde et un parapluie. Elle tourna la tête une dernière fois, pour voir une ultime fois la famille qu’elle venait à peine de construire.

Elle s’approcha du portail qui n’était qu’une immense cascade tombant d’un horizon du ciel.

A peine un pied dans cette cascade, Aléa venait de quitter le monde de son royaume. D’un claquement de doigts, elle se retrouva dans une barque en pleine mer, seule.

La nuit était déjà bien tombée, laissant seulement apparaître le flou des fins fonds de l’eau quelque peu éclairés par les poissons cracheurs de lumières.

Aléa se laissa guidée par cette barque qui avançait tout doucement mais à une vitesse régulière. Du sac qu’elle avait pris avec elle, elle tira si confortable couverture qu’elle mit autour d’elle comme si elle cherchait à se rassurer et se protéger. Profitant de l’air frais, de l’odeur de la mer et du calme, elle ferma les yeux et pensa à la vision de sa grand-mère dont elle se souvenait grâce au manuscrit.

Sur ce même radeau apparut une vieille femme aux traits marqués sur son visage. Elle était si aveuglée par le soleil si lumineux qu’il devenait impossible pour elle de distinguer l’eau du ciel. Cette vieille femme retira une couverture et se leva.

Au loin apparu de la poussière noire et bouillonnante. S’approchant progressivement dans cette poussière, la vieille femme se retrouva dans un brouillard si épais qu’il devenait difficile de respirer. Entre deux souffles, la vieille femme libérait quelque peu de l’espace, suffisamment pour laisser apparaître un volcan grondant au loin.

Progressivement, cette vieille femme s’approcha de ce volcan, sa peau devenant de plus en plus rouge et laissant apparaître les premières gouttes de transpiration. Sa peau commença à s’assécher.

Aléa avait très chaud à son tour, elle ouvrit les yeux et se retrouva au même endroit, dans l'obscurité. Toujours aussi seule. Elle mangea un bout de la poire qu’elle avait conservée auprès d’elle, regarda un peu les fonds de la mer et vit des mouvements de lumière dans l’eau, tournoyant tout autour de la barque.

Elle referma les yeux pour essayer de se replonger dans la vision mais se retrouva à s’endormir, pensant profondément à son père qui lui avait promis de la protéger. Elle sentit une main sur son épaule, comme la main d’un père tenant fièrement sa fille, s’éloignant dans une direction aussi floue que le chemin qu’elle prenait.

A son réveil, la journée s’était levée mais le brouillard était toujours là. L’eau était très agitée et, bien que la barque continuait d’avancer, elle naviguait de droite à gauche faisant même parfois des demi-tours. Aléa entendit comme des cris d’enfants venant au loin devant elle. Elle tourna sa tête dans tous les sens jusqu’au moment où, elle eut l’impression de voir son enfant qui n’était plus un aussi gros bébé que lorsqu’elle ne l’avait quitté. Elle le reconnut par la tâche de naissance qui recouvrait une grande partie de son visage, si beau et la rendant si fière au passage.

-       Mon fils, se dit-elle.

Aléa se leva sur cette barque si instable, s’avançant à l’avant, trébuchant mais réussissant à se rattraper en s’aidant des poignées situées sur les côtés. Elle tendit sa main devant elle, avec l’espoir de pouvoir toucher son fils. Celui-ci disparut, pour laisser place au loin au grand volcan. Celui-ci était si grand qu’il atteignait les nuages. Des nuages de cendre sortaient du cratère qui s’apprêtait à lâcher des bombes volcaniques. Ce volcan semblait être situé en pleine mer, Aléa se demanda alors ce qu’elle pourrait y retrouver. Puis elle vit dans le ciel des tâches rouge bouillonnantes sortir du cratère, puis retomber comme des étoiles filantes dans la mer. De la lave commença alors à dégouliner sur le cône du volcan. Il s’était réveillé.

Une première vague commençait à s’approcher, Aléa retourna à l’arrière du radeau pour remettre toutes les affaires dans son sac. Elle n’eut pas le temps de ranger sa couverture, celle-ci se retrouvant emporté par l’eau. Une deuxième vague se referma sur le radeau, le faisant se retourner dans tous les sens. Aléa se retrouva immergée dans les profondeurs de l’eau. Elle était si proche, cette fois, des lumières bleues venant du monde marin qu’elle observait la veille de la surface. Eux aussi s’agitaient dans tous les sens, ce qui empêchait Aléa de nager pour remonter à la surface et reprendre son souffle.

Elle s’engouffra de plus en plus dans les profondeurs, tenant avec ses mains son sac à dos contre son ventre. Elle ferma les yeux, et vit une ultime vision.

Dans cette nouvelle vision, la vieille femme vit comme une grotte au loin, formée par les vagues qui venaient se frapper contre la lave asséchée. Le brouillard était si fort, les particules étaient si chaudes, que cette vieille femme ne put continuer à respirer sans que cela ne brûla ses poumons. Son pull tricoté de laine brûlait aussi sur elle, ses chaussures en cuir fondaient sur ses pieds. S’approchant de plus en plus vers la grotte, elle n’avait plus de chair ni de peau, ni d’os d’ailleurs. Une force lui permettait tout de même à continuer à avancer. La vieille femme se recroquevilla sur elle-même, devenant de plus en plus petite, jusqu’à former un tout nouveau corps complètement détaché de celui qu’elle avait eu en tant qu’humaine. Alors qu’elle réussit à atteindre la grotte, elle se transforma en une pierre lumineuse, conservant l’être qu’elle était jusqu’alors. Conservant aussi sa mémoire et son savoir. Puis soudainement, la lumière de cette vieille femme devenue pierre s’éteignit.

Alors qu’Aléa sentait perdre la vie, elle sentit une main contre son épaule, puis se retrouva attrapée par la taille. Elle ouvrit les yeux et vit son père alors devenu Gardien, d’une lumière la soulever à la surface.

Alors qu’elle était debout dans les airs, naviguant plus librement qu’un oiseau. L’ombre de son père qui se tenait à côté s’envola vers les nuages.

-        Te voici à ton tour gardienne, Aléa.

Aléa était à son tour devenue brillante et lumineuse, d’un bleu aussi éclatant que la mer qu’elle venait de traverser. Elle comprit que son corps s’était détaché d’elle dans la mer.

La jeune gardienne n’était plus très loin du volcan. Elle vola en sa direction, passa au travers des bombes de feu. Plus rien ne pouvait avoir d’effet sur elle, pas même la fumée ne l’empêcha de voir au travers des particules. Elle reconnut la petite grotte de sa vision et s’approcha d’une pierre éteinte. Elle pouvait tenir entre les deux mains d’un humain, si légère et petite soit-elle. Au toucher, cela était une toute autre description. Comme si l’élément était du verre si frais. Aléa essaya de la prendre, mais ne réussit pas à la soulever. Elle essaya donc de la bouger par la pensée, sans pour autant que cela ne produise le moindre effet. Elle tenta de lui donner des ordres, mais seul le volcan pouvait se faire entendre.

Le volcan cracha de plus en plus de feu et de lave, une partie commença à entrer dans cette petite grotte. Aléa n’avait aucun pouvoir sur les éléments. La lave s’approcha de la pierre. Quelque chose d’inattendu se produisit alors : une sorte de bouclier se format tout autour de l’ancienne âme. La lave s’agglutina sans jamais l’atteindre. La pierre se protégeait d’elle-même. Aléa comprit alors que l’âme de la vieille femme était toujours là et qu’elle pouvait sans doute communiquer avec elle.

Aléa tournoya autour de la pierre, et devint de plus en plus une toute petite lumière. Elle entra dans la pierre et se retrouva comme dans un dôme de verre, telle une serre protégeant tout un écosystème des dangers extérieurs. A l’intérieur, rien ne ressemblait à tout ce qu’elle avait pu voir jusqu’alors. La description qui s’approchait le plus de ce qu’elle connaissait, c’était que le monde était fait de cristaux de plusieurs teintes de gris et de noirs.

Aléa s’approcha de la vieille femme qui se trouvait assise sur l’un de ces cristaux, une canne à la main :

-        Nous sommes dans une projection, s’adressa-t-elle à Aléa.

-        Qui êtes-vous ? Interrogea la jeune femme.

-        Je m’appelle Maoa. Bien qu’elle se soit trouvée dans le corps d’une vieille femme, Maoa avait la voix claire comme du cristal. Avez-vous reçu mes signaux de détresses ou êtes-vous aussi perdue ?

La détresse pouvait aussi se sentir sur son visage.

-        Je suis venue ici envoyée par mon père, qui a eu des visions.

Maoa fut soulagée. Aléa reprit.

-        Je suis la reine du Nouveau Royaume de Planitka, bien que je sois plutôt désormais l’une de ces gardiennes, lui répondit Aléa. Comment vous êtes-vous retrouvée perdue ici, dans ce volcan ? D’où venez-vous ?

Maoa commença à se retrouver essoufflée.

-        Je vais devoir faire vite, je ne vais pas pouvoir me protéger indéfiniment.

D’une fraction de seconde, Aléa se retrouva de nouveau dans la cave qui se retrouvait submergée de lave.

Le bouclier semblait se rompre. Aléa essaya de se reconnecter à Maoa.

-        Je ne suis pas des vôtres. J’appartiens au peuple des Natkira. De terribles tempêtes s’abattaient sur nos terres. Je suis venue ici car notre monde approchait de la destruction, nous n’avions plus de terre pour vivre. En ouvrant le portail jusqu’à votre monde, je crois avoir emporté une partie de la tempête avec moi. Je n’ai pas réussi à rejoindre votre royaume, je me suis retrouvée échouée au pied de ce volcan.

-        Comment puis-je vous aider ? Interrogea Aléa.

Maoa s’approcha de la jeune femme et tendit son bras.

-        Je crains qu’il ne soit trop tard, car je n’arrive plus à joindre les miens. Je n’ai plus aucun pouvoir, sans mon corps originel. Je ne suis plus qu’une pierre, qui ne conserve que ma mémoire, lui répondit Maoa sans espoir.

-        Mais vous pouvez encore parler avec moi, je peux passer un message.

Aléa avait encore un peu d’espoir.

La lave commença à faire fondre la pierre.

-        Emportez ma mémoire, Aléa. Prenez.

La vieille femme disparut et les cristaux s’effondrèrent. La pierre n’était plus, Aléa se dépêcha de sortir de la grotte qui allait se retrouver noyer dans la lave.

A peine à la lumière du soleil, Aléa ne reconnut plus l’endroit où elle se trouvait. Le volcan continuait de plus belle à cracher du feu et de la fumée aussi sombre que l’obscurité de la nuit.  Aléa décida de partir au plus vite du volcan, bien que par sa forme spirituelle, elle ne risquait rien de lui.

Par les airs, elle tenta de suivre le chemin qu’elle avait parcouru, voyant sur son chemin la lave fusionner avec l’eau des mers. Puis, elle vit le portail qui l’avait amené jusqu’ici. La lumière d’Aléa se lia à la lumière du portail pour ne former qu’un. Elle traversa les grands faisceaux lumineux, comme si la jeune fille se trouvait dans un tube de trombone aux couleurs de l’arc-en-ciel.

Au bout de ce tube, Aléa se retrouva dans le royaume qu’elle aimait temps. Tout était intact, comme si rien ne s’était produit. A une différence près, son corps n’était plus le même qu’à son départ.

Elle s’approcha de la petite maison de campagne. La porte de la maison familiale et Royale s’ouvra et un vieux garçon s’adressa à elle :

-        Bonjour mère.

Ce vieux garçon avait une grande tâche de naissance sur le né. Il semblait avoir si tellement grandi, depuis tout ce temps qui s’est écoulé. Au moins trois cycles trilunaires avaient passé depuis le départ de celle qui était l’ancienne Reine. La projection dans la pierre de la défunte Natkira avait changé toute perception du temps, comme un rêve qui ne dure que quelques minutes peut nous paraître étalé sur des heures.

Aléa était si heureuse de revoir son fils, et si malheureuse de ne pouvoir le prendre dans ces bras.

-        Je vous en prie, rentrez. Vous avez tant de choses à me raconter !

Aléa rentra dans la charmante maison de bois et de pierre. Elle commença par s’excuser de son absence.

-        Je suis au courant de votre mission, mère, l’interrompit son fils. Le Roi mon grand-père Mélandre m’a tout raconté et m’a tout expliqué. Qu’avez-vous découvert dans le cœur du volcan ?

-        Notre Royaume est danger…

-        Nous ne risquons rien du Volcan, interrompit son fils. Vous le savez mère, il est bien trop loin de notre Royaume pour nous faire du mal.

-        Ce n’est pas du Volcan dont j’ai peur. Mais du pire qui arrivera à Planitka dans quelques cycles trilunaires. De terribles tempêtes vont s’abattre sur nos terres et vont tout ravager, comme ce qu’il s’est passé au peuple de Natkira.

Après ces mots, le nouveau Roi Mélandre et sa mère Gardienne Aléa laissèrent la nuit tomber pour se rendre secrètement jusqu’à la bibliothèque du Royaume. Dès que les grandes portes s’ouvrirent, le nouveau Roi claqua dans ses mains :

-        Omedarde, ouvrez la page dernière page du livre.

Du centre de la bibliothèque se leva par magie une pierre brillante d’étoiles. Une feuille de papier très fine se format au-dessus de cette table. Des plumes et de l’encre apparurent à leur tour, tout autour de cette feuille en lévitation.

Omedarde convoqua l’ensemble des gardiens, dont le Roi Mélandre qui répondit présent. Puis, il suivit l’ordre d’ouvrir la dernière page.

-        Moi, Mélandre, Roi du Nouveau Royaume, fils d’Aléa Reine du Nouveau Royaume, certifie l’exactitude des prochains mémoires. A ce jour, Planitka sera terre d’accueil du peuple de la planète Natkira. Ils pourront faire qu’un avec nous, et partagerons ensemble nos ressources. Cependant, moi Mélandre, Roi du Nouveau Royaume, tient à mettre en garde mes futurs descendants de terribles épreuves qu’ils devront surmonter. Planitka vivra de nouvelles heures sombres, et devra faire face à des tempêtes qui s’abattront sur tout le nouveau Royaume.

Le nouveau Roi Mélandre remercia l’ensemble des gardiens et des gardiennes qui étaient tout autour de lui. Tous disparurent, Aléa comprise. Le nouveau Roi se retrouva seul dans cette bibliothèque, regardant le plafond de verre qui formait un dôme, comme un dôme de cristal.

Le Roi Mélandre, premier du nom, sa Fille Aléa, première reine du nouveau Royaume de Planitka et son fils, Le Roi Mélandre deuxième du nom, marquèrent alors à eux trois un grand moment de l’histoire de Planitka. Le moment où tout commença.

Un immense merci à Elisa Di Pinto et son aide à l'écriture et sa relecture.