Pourquoi je suis heureux d'avoir fait MMI (Métiers du Multimédia et de l'Internet)

Il y a tout juste un an, au moment d'écrire cet article, j'étais invité à la cérémonie de remise des diplômes à l'IUT de Blois où j'ai passé mes deux premières années après le bac. Au delà de profiter de l'occasion de retrouver une bonne partie des amis rencontré là-bas, c'était surtout l'occasion de voir tout le chemin que j'avais parcouru depuis alors. Lorque ma promo est montée sur scène pour rendre hommage au DUT, le micro m'avait été tendu... et je n'ai pas dit ce que je voulais dire au fond de moi. Je n'ai pas dit pourquoi avoir fait MMI était la plus belle chose qui pouvait m'arriver.

Illustration Pourquoi je suis heureux d'avoir fait MMI (Métiers du Multimédia et de l'Internet)

Crédit photo - Festival MMI 2017 à Meaux

Cet article va s’adresser à tous ceux qui, lors de leur année du bac, passent soit la plupart de leur temps à bidouiller sur leur ordinateur… soit à dessiner des croquis de personnages ou des environnements issus de leur imagination… Ou qui comme moi attendent qu’une chose, en terminer avec les années d’étude au lycée et qui passent plus de leur temps à créer un film qu’à se perfectionner en Sciences.

Mes doutes avant de rejoindre MMI

Alors qu’APB (Admission Post Bac) existait encore, mes premiers choix étaient soit des BTS audiovisuel soit des écoles de cinéma. N’étant pas très bon en mathématiques et en physique, j’ai voulu me protéger en sélectionnant des facs (je n’ai envoyé aucun dossier) et un DUT. J’ai fait le choix du DUT MMI sous le conseil d’un ami et ancien étudiant de mon lycée, maxouuute, qui m’avait dit un grand bien de cette formation.

Dans chacunes de mes candidatures, j'avais pris soin de mentionner:

·         Que j’étais curieux,

·         Que j’étais ambitieux,

·         Que le cinéma avait une place très importante dans ma vie,

·         Que j’ai besoin de créer,

·         Que si je ne créais pas, je ne tiendrais pas,

Je me souviens du jour où les résultats étaient tombés. Je me souviens être assis sur un banc du lycée, dos au soleil qui tapait dignement d’un été. J’étais avec deux potes, notre prof principale était dans les environs. Lorsqu’elle s’est approchée de nous pour nous demander là où nous étions pris, la première chose que je lui ai dite a été :

Je suis déçu mais c’est comme ça. Je passerais deux ans à faire des sites internet. Je ne ferais pas de cinéma. Je n’avancerais pas.

Il faut savoir qu’en dehors des cours, je passais la plupart de mon temps derrière mon ordinateur. C’était pour moi un outil fantastique qui me permettait tout simplement de créer sans limite. En faisant des sites, des blogs, une webtv, une webradio… en essayant de partager un bout de culture. En essayant de partager mes vidéos. Au fil du temps, les gens ne me voyaient que comme un geek. Une « tête de playmobile ». J’étais de la risée du lycée. J’avais pleins de projets en tête, que je pensais réaliser en rejoignant une école de cinéma. Pour moi, MMI allait me confiner un peu plus dans un gouffre.

Si un jour nous arrivons à mettre en place une machine qui nous permettrait de voyager dans le temps et dans l’espace, je prendrais immédiatement un Tardis pour retourner à ce jour-là. Pour dire à mon moi-même que penser comme ça était une incroyable erreur. Que mes deux prochaines années à Blois allaient tout apporter ce que je pouvais rêver de mieux.

Qu’est-ce MMI (Métiers du Multimédia et de l’Internet) ?

MMI est un DUT, c’est-à-dire une formation à mi-chemin de ce que proposent les facs et les BTS. C’est un parfait mélange de cours théoriques et pratiques. En France, de plus en plus d’établissements proposent ces deux années de formation. Parmi tous, l’IUT de Blois dont ma candidature a été retenue.

MMI, c’est :

·         Une première année en deux semestres et en tronc commun,

·         Une deuxième année en un semestre tronc commun et en un semestre de spécialisation (année possible en alternance ou non),

·         Un festival en fin d'année, récompansant les plus belles créations des étudiants, tout établissements confondus,

Ce qu’on apprend en MMI :

·         A comprendre comment fonctionne l’informatique d’aujourd’hui et ce qu’il deviendra demain,

·         A travailler en groupe comme en étant dans une agence digitale professionnelle,

·         A concevoir des sites internet de A à Z : de la conception jusqu’à la mise en ligne,

·         A comprendre les besoins d’une entreprise et l’aider à soigner son image en ligne,

·         A accompagner les entreprises dans l’utilisation d’outils de communication, dont les réseaux sociaux et les publicités en ligne,

·         A réaliser des illustrations de tout type : logos, flyers, affiches, animations…

·         A concevoir tout type de vidéo et de productions audiovisuelles : journalistique, publicitaire, fiction, vidéo d’entreprises… de l’écriture jusqu’au montage,

·         A écouter les autres et à se faire comprendre, en français comme en langues étrangères,

Les cours et thématiques en MMI :

·         Des cours de communication (oral),

·         Des cours de communication (écrit),

·         Des cours de culture scientifiques accessibles à tous puisque vulgarisés (pour comprendre et maîtriser nos outils, le son, l’image),

·         Des cours de développement de sites web et d’algorithmes (pour la conception de site internet),

·         Des cours de développement de logiciels (spécialisation de deuxième année),

·         Des cours de production de vidéos (manipulation de matériel pro/semi-pro, méthodologie des différentes étapes de production, culture cinématographique),

·       Des cours de réalisation graphiques, d’illustrations, de designs (utilisation de logiciels professionnels de conception graphique, développement de son imagination et de sa créativité),

·         Des cours de droits (très utile en ses temps de Loi 13), de marketing et d'économie (notamment pour monter son entreprise ou pour se mettre en freelance),

·         Des cours d’anglais (pour travailler à l’étranger ou travailler avec des clients venant du monde entier),

·         Des cours d’espagnol ou d’allemand,

Quelques logiciels et technologies qui sont enseignés:

·         Illustrator (pour la réalisation d’illustration),

·         Photoshop (photomontage),

·         Premiere Pro (montage vidéo),

·         Avid (montage vidéo),

·         After Effect (trucage vidéo),

·         InDesign (mise en page)

·         HTML (langage Web),

·         CSS (langage Web),

·         PHP (langage Web),

·         Javascript (langage Web),

·         Jquery (langage Web),

·         C (programmation),

·         Logiciel de gestion de projet (Trello, Git…),

·         Suite Office (bureautique),

Liste non exhaustive, notamment quant il s’agit de programmation.

J’ai oublié aussi Windows Movie Maker… pour le montage vidéo.

La particuliarité du DUT MMI à Blois

Un programme commun existe pour l’ensemble des DUT MMI en France. Chaque année d’ailleurs se tient une assemblée générale de chaque représentant MMI pour décider des modifications à apporter l’année d’après. Cependant, chaque IUT apporte une spécialisation. Certains établissements proposeront plus de cours de réseaux, d’autres se spécialisent à la conception de site internet. Tout dépend des moyens de chacun des DUT (puisque la formation est gratuite).

A Blois, nous devons le petit plus qui en fait sa particuliarité au professeur Jean Michel Bettembourg qui a développé toute une salle de régie et de studio ainsi qu’un équipement audiovisuel semi-professionnel. L’IUT de Blois avait au jour de mon départ le matériel le plus intéressant de tous les IUT pour produire des vidéos.

Le studio est équipé :

·         D’un fond bleu,

·         D’une grue et d’un stabilisateur Ronin M,

·         De caméras professionnelles (mais très très anciennes),

·         De réflex,

·         De GoPro,

·         Matériel complet pour la prise du son,

Vous souvenez-vous de la toute première chose que j’ai dit à ma prof principale lorsque j’ai sût que je mon avenir dépendait de ma seule acceptation à l’IUT de Blois ?

Je suis déçu mais c’est comme ça. Je passerais deux ans à faire des sites internet. Je ne ferais pas de cinéma. Je n’avancerais pas.

La vidéo et le cinéma sont de plus en plus encrés à Blois. Lors de ma deuxième année, un atelier cinéma a même été créé de manière à organiser des séances de projection de classiques du cinéma (Blade Runner…).

Au cours des deux années, différents projets de réalisation de films sont proposés : concours de productions, réalisations de fictions, publicités fictives ou non…

Jamais je n’ai autant créé.

Les points positifs de Blois

·         Des professeurs passionnés, dévoués et très pédagogiques dans la plupart des matières,

·         Des projets de groupe qui solidifient les relations entre les élèves,

·         Une liberté dans notre manière de travailler (beaucoup de travaux en autonomie),

·         Une seconde chance est toujours laissée après un échec qui est considéré comme un plus (à condition de la saisir),

·         La possibilité de manipuler du matériel semi voir pro, surtout en audiovisuel,

·         Des salles misent à disposition en cas de besoin,

·         Des cours supplémentaires et optionnels de remise à niveau pour ceux qui le souhaitent,

·         Un système de notation en continue,

·         Une grande place est laissée à la créativité,

·         Une association étudiante (la seule de tout l’IUT de Blois, elle organise régulièrement des soirées et une fois par un an un voyage à l’étranger),

Les points négatifs de Blois

Certains sujets ont fait polémique par le passé. Notamment sur les réseaux sociaux. Peut-être que certaines choses ont changées depuis mon départ. Auquel cas j’invite les étudiants actuels de commenter cette partie:

·         Certains intervenants manquent cruellement de pédagogie en comparaison à d’autres,

·         Certains intervenants dit professionnels ne font pas un travail de veille et apprennent soit des technologies désuètes, soit ne suivent plus les tendances actuelles,

·         Certains de ces intervenants font énormément décourager et des étudiants baissent les bras et passent à côté de tout ce dont ils sont capables,

·         Le dialogue est parfois difficile avec ces mêmes intervenants,

·         Certaines technologies ou langages ne sont pas appris en MMI alors qu’ils sont primordiaux aujourd’hui,

·         MMI demande de la rigueur et du temps à côté des cours (mais de la passion, donc en comparaison aux PACES…),

·         Au 4ème semestre, les élèvent doivent se spécialiser soit en communication ou soit en développement. Bien qu’un choix est proposé, une demande est trop forte pour le tronc communication. Il y a donc une sélection qui ne laisse pas de choix pour certains,

·         Les MAC qui servent à faire tourner les logiciels de Montage et d’illustrations sont totalement désuets et contre productifs,

Le programme du DUT MMI n’est peut-être pas à jour. Suivre les tendances en informatique est difficile. Mais les professeurs sont à l’écoute et je suis sûr que ce qui est appris aujourd’hui aux élèves est bien plus à jour que ce que j’avais appris.

Mais l’alarme est bien déclenchée au sujet de certains intervenants professionnels qui ne sont définitivement pas professeurs et qui encadrent en grande partie les TP. Ils n’ont pas pour but de faire apprendre, mais ont pour but d’encadrer. Et surtout de noter les réalisations. Ça fait peur.

Ce problème est connu de tous. Y compris des enseignants. Ce problème est même généralisé à beaucoup d’établissements. Et malheureusement, il est difficile d’y faire face.

En revanche, certains intervenants peuvent changer les choses. En prenant le temps de discuter avec les élèves et les professeurs, pour prendre le temps de réfléchir à comment améliorer les cours. Il faut juste de la bonne volonté des deux côtés !

The Student life

Au-delà de l’association étudiante, Blois est une ville étudiante qui permet quand même de passer de très bons moments et en très bonne compagnies. Mais il faut avouer qu’elle ne vaut pas les villes de Paris ou d’Orléans et Tours.

Cependant, MMI m’a permi de faire dans mes plus belles rencontres à ce jour.

En MMI, on se retrouve tous quelque part. On a au moins tous un centre d’intérêt. Certaines affinités seront plus fortes que d’autres. Mais lorsqu’elles le sont, elles le sont véritablement.

Vous en passerez des soirées à vous retrouver :

Soit pour les projets de groupe (de plus en plus au cours des mois),

Ou pour se poser tranquille.

Pour ma part, j’habitais au plein cœur de la ville. A même pas 10 minutes de l’IUT.

·         Tous les matins, on se retrouvait une bonne dizaine et on allait en cours.

·         Le lundi soir on se retrouvait à 15 pour suivre Westworld autour d’un super bon repas qu’on cuisinait tous ensembles

·         Le mardi soir pour découvrir de très bon plats Végans

·         Le mercredi à aller au ciné découvrir Deadpool

·         Le jeudi à sortir aux soirées étudiantes

·         Le dimanche à 3h du matin regarder la résurrection de John Snow

On tournait énormément aussi. C’est là que j’ai eu l’idée de Berry’s Pictures avec Jonathan dans un premier temps avant que le projet évolue. C’est là que j’ai rencontré Justine avec qui je bosse sur Storywriters.

C’est grâce à ces deux années que j’ai pris confiance en moi et que j’ai pu effacer « la tête de playmobile ».

Après MMI

Si je peux donner quelques conseilles à ceux qui vont avoir la chance de suivre cette aventure: ne pas se laisser décourager par certains cours qui ne vous inspirons pas, mais de vous trouver un tout petit fragment de motivation qu'il ne faudra jamais lâcher par la suite. Je vous conseille aussi de garder une part de mystère.

C'est comme ça qu'aux moments les plus difficiles j'ai pu tenir. A l’issue de mes deux années, je me suis retrouvé avec pleins de souvenirs et surtout beaucoup de compétences qui plaisent aujourd’hui aux entreprises.

Ce qu’on apprend en MMI, ce sont des bases très solides qui vous suivront toute votre vie. Des bases qui vous apporterons une force considérable dans les entreprises. En sortant de MMI, vous maîtrisez l’outil le plus puissant aujourd’hui : internet.

Vous pourrez aller plus loin encore, notamment en continuant votre parcours vers une licence ou un master.

Ou vous ferez comme moi. Vous prendrez goût au monde du travail lors de votre stage de fin d’année et de 3 mois (donc rémunéré) et vous ne pourrez plus retourner aux études. Soit par choix, comme je l’ai eu, ou par des opportunités.

Je ne pourrais donner aucun conseil de licence à suivre. Je pourrais vous en déconseiller quelques-unes, mais je compte sur mes amis pour en dire plus à ce sujet par commentaire !

En tout cas, grâce à MMI, j’ai trouvé ma voie. Celle du cinéma. A ma petite échelle certes, mais il faut bien un début à tout ! En tout cas, j’ai pris le chemin que j’espérais. Et avec beaucoup de projets, personnelles comme professionnelles.

Je le souhaites d’ailleurs tout à chacun !