Illustration Tribune: la communauté Francophone d'Harry Potter souffre.

Crédit photo - Photo par Manon B.

Chef éditorialiste du site Pottermag (2011-2016) et co-fondateur du Potternetwork, j'ai été très actif dans la communauté Francophone les premières années post-films d'Harry Potter. J'ai vu Pottermore prendre vie, j'ai suivi dès les premières années la LeakyCon, la plus grande convention au monde. J'ai vécu le poisson d'avril de MuggleNet lorsque l'équipe américaine avait faussement annoncée sa fermeture pour dévoiler ensuite son tout nouveau site internet. J'ai vécu l'ouverture des studios à Londres, et depuis la fin de mes deux projets si chers à mon cœur, je me suis progressivement éloigné de la communauté francophone. Mais j'ai toujours gardé un œil sur son évolution. J'ai rencontré Nini 9 ¾, des membres du Pottershow et je continu de suivre le parcours du Bal des Sorciers de Magical Events en tant que prestataire vidéo, où c'est toujours un plaisir de rencontrer des amis du Quidditch, de la Gazette du Sorcier, des anciens du Poudcast. 

L'esprit HP

Alors, quelque part je me considère comme un ancien – paradoxale pour mes 23 ans. Certes, pas un aussi anciens que Poudlard.org ou l'Encyclopédie Harry Potter. Mais, une chose est sûr, je n'ai plus de plume et une l'audience pour cette tribune. La communauté Francophone va mal et elle souffre. Peut-être que de user cette plume, je peux prendre la parole de ceux qui ont mal. 

Quand j'ai lancé Pottermag, je ne me rendais pas compte de toutes les communautés qui existaient déjà et qui partageais des points commun avec le site que je construisais avec mes amis. Nous avons copiés sans nous en rendre compte, nous avons organisé des concours à la pelle sans pour autant nous rendre compte du travail que ça demandait et de ce que ça représentait. Mais aujourd'hui, je ne regrette rien car ces erreurs nous ont tous fait grandir dans la rédaction et surtout apprendre. Peu à peu, nous avons mis le frein sur tout cela. Nous avons bâtis notre communauté plus sainement avec moins de concours mais plus de travail de rédaction et de fond. Nous nous sommes aussi rapprochés de ceux vers qui nous faisions du mal, et nous avons commencés à travailler ensemble pour être meilleur. Peu à peu, nous avons formés des collectifs, des projets communs, et de beaux projets ont vu le jour alors que c'était à mes yeux totalement inespérés. Malheureusement, Pottermag a pris fin car nous n'avions plus de temps. Mais aujourd'hui, il m'a tant apporté. 

Cet esprit d'il y a presque 10 me manque. Aujourd'hui, je ne me retrouve plus dans cette Communauté Francophone qui se déchire. Cette déchirure survient à tant d'endroits. Certains évènements Harry Potter n'ont de la saga que son nom (Montréal par exemple), certaines boutiques physiques se construisent autour d'arnaques en ligne pour ensuite fermer comme si de rien n'était (Paris). La bataille la plus rude se fait en ligne, même entre sites internet historiques ! Alors que les grands médias généralistes qui se foutaient bien des geek/nerds s'emparent maintenant des articles fureurs autour d'Harry Potter, à coup de désinformation, les fils de tweet et les pages Facebook suivent le rythme entre quelques jeux concours arnaque et sans réel gagnant. Là où je suis le plus triste, c'est de voir que cela touche également certains sites dédiés à la saga entre eux. Je ne retrouve plus les valeurs des livres de J.K Rowling. D'ailleurs, elle aussi s'y perd un peu..

Pourtant voilà, je m'accroche toujours.

Je n'arrive pas à abandonner cette communauté. Il y a tant de talent et d'envies. Tant de motivations, partout dans notre communauté Francophone d'Harry Potter. Il y a tant d'énergie aussi, qui est toujours là, si inépuisable. Quand je vais aux Book Night organisées dans les bibliothèques, quand je sors ma caméra au Bal des Sorciers ou encore à la Coupe de France, je revois toutes ces personnes qui se donnent à fond pour concrétiser leur passion. Soit de rendre ce sport indépendant, soit de rendre ces conférences accessibles à tous. Ou sinon, malgré les difficultés de recruter des bénévoles et les freins budgétaires, proposer un week-end d'immersion à tous. Je suis profondément triste de me dire que cela n'est qu'une minorité de cette communauté. 

Je suis triste de voir toutes ces personnes démunies, que j'ai vu grandir avec leur projet. Les voir s'éteindre un peu, comme moi il y a quelques années. Parce que dans cette communauté Francophone si grande et de plus de 20 ans déjà, certains en font du mal soit à tour d'égo soit pour surfer sur la vague et prendre ce qu'il y a prendre, tant pis de l'éthique. Je suis encore plus triste de ça. Car je sais que leurs erreurs leurs sont pardonnées. Elles sont pardonnées et écoutées de ceux qui se retrouvent démunis d'être copié, imité, plagié. Celles et ceux qui se battent avec passion et jusqu'au bout et avec honnêteté.  

Je me revois aux débuts de Pottermag. Avec les premières erreurs, les imperfections, notre manque de pro. Mais je me vois aussi aujourd'hui, tout comme je vois une partie de ceux qui ont tracés leurs si belles routes. On nous a excusé de ces manques, on nous a aidé à grandir. Et cela nous sert encore aujourd'hui dans nos métiers respectifs.  

Voici un récent exemple:

Aujourd'hui, je vois un évènement prendre le jour. Avec le Covid-19, l'organisation de cet évènement n'est pas aidé. Le contenu de cet évènement ressemble en tout points à un autre, les nouvelles dates correspondent à l'évènement originel, les billets originels ne sont pas remboursés et les organisateurs invites celles et ceux ne pouvant participer au report de revendre leur billet à d'autres. Je me revois prêt à refaire ces erreurs-là. Mais en ayant pris pour moi à l'époque, en ayant mis l'égo de côté et en ayant à chercher à puiser ma passion et seule ma passion, je sais aujourd'hui que les organisateurs mettent leur participant en danger. En se lançant à l'aveugle dans une campagne marketing, sans vérifier l'existence d'autres entités, elles encourent à la justice. En invitant les participants à vendre leur billet, elles perdent le contrôle des ventes et permettent l'arnaque facile. 

La Communauté Francophone souffre et va mal, et je suis de tout soutien avec ceux qui en souffrent. C'est aussi à chacun, passionnés des livres comme des films à porter un regard critique sur les projets qui voient le jour, ainsi que sur les informations circulent autour du monde magique. A chacun d'avoir ce regard critique bien au-delà des sujets d'Harry Potter. Et à tout à chacun de ne pas oublier, tout aussi, que derrière chaque initiative se trouvent des humains, certains qui ont véritablement la même passion que vous.

Ou sinon, qui vous veulent que du mal.