Illustration Les visions d'Aléa (essais)

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A chaque changement de cycle trilunaire, Aléa avait pour habitude de se poser au pied du feu de la plus grande cheminé du château. Le bruit des flammes était si apaisant et la chaleur qui s’en dégageais si réconfortante.

Le feu n’était pas quelque chose qui terrorisait Aléa. Après tout, ce n’était qu’un feu de cheminé et Aléa savait qu’elle était hors de danger. Même si son père le Roi Mélandre qui détestait cet élément, après avoir vu tant de choses de son vivant, la mettait toujours en garde des ravages que le feu pouvait causer. C’est d’ailleurs pour cette raison, que nous pouvions toujours observer un petit seau d’eau auprès d’elle – au cas où.

Pas très loin d’Aléa, nous pouvions aussi observer un petit coussin brodé par sa mère. Sa mère aussi était prévoyante. Aléa pouvait passer des heures et des heures à regarder le feu valser de gauche à droite avant de s’endormir pile, comme à chaque fois, lorsque les trois lunes se croisaient.

Il s’est toujours dit qu’à Planitka, les nuits de changement de cycles trilunaire étaient les plus réparatrices et qu’elles étaient aussi celles où des visions pouvaient apparaître à celles et ceux qui étaient des plus créatifs ou rêveurs. Aléa n’était pas très créative, mais était très rêveuse de par son envie de partir à l’aventure et explorer de nouveaux horizons. Déjà très petite !

La plupart du temps, Aléa ne se souvenait pas de ses rêves. Mais Aléa a déjà eu des visions que jamais elle n’oubliait. Certaines visions étaient plus précises que d’autres. Certaines pouvaient même se répéter, en apportant de nouveaux éléments.

C’était un tout autre monde qui se dessinait, dans ces rêves qui étaient bien plus réelles que la réalité-même. Un monde magnifique, fait d’étendu d’eau bleues (comme sur Terre), brillantes de toute une vie de lumière venant des profondeurs. Un monde qui semblait vivre en harmonie, en parallèle du chao qui régnait à la surface par un volcan grondant dégageant de la fumée qui s’échappait et des cailloux géants qui retombaient dans les océans.

D’autres visions présentaient aussi d’autres civilisations que la sienne, aux corps et expressions dépassant toute son imagination.

Elle pouvait aussi voir un jeune garçon, qu’elle se disait peut-être être son futur fils, ou petit fils, ou arrière arrière-petit fils… Qui serait là à accomplir une tâche qui allait transformer Planitka, ses terres, à tout jamais.

A chaque réveil, Aléa s’empressait toujours à aller dans sa chambre reproduire les visions comme celle-ci par des dessins. A la droite de son lit, Aléa avait un petit coffre en bois qui réunissait toutes ces illustrations. On pouvait remarquer ces progrès : sa technique évoluait cycles après cycles. Les couleurs et les détails étaient aussi de plus en plus nombreux.

Ces rêves et ces visions nourrissaient les envies de voyages et d’aventure d’Aléa.

Lorsque le Roi Mélandre mettait en garde Aléa des dangers du feu, où lorsque sa mère Reine lui posait le petit coussin près d’elle, ils ignoraient que ces moments allaient-être ce qui deviendrait le moteur de toute sa vie. Un moteur devenu une quête, celle de partir un jour explorer pour de vrai toutes ces multitudes d’histoires que d’autres venaient lui raconter.

A suivre.